Océanopolis s’engage pour la conservation des requins et raies

Océanopolis, Centre national de culture scientifique dédié à l’océan, s’engage depuis plusieurs années, dans divers programmes de conservation en faveur des coraux, des poissons tropicaux ou encore des mammifères marins.

Publié le 07/09/2023. Dernière mise à jour le 13/02/2024.

Aujourd’hui, Océanopolis est impliqué dans la conservation des requins et raies à travers deux programmes.

Via le projet StAR – Stegostoma tigrinum Augmentation and Recovery qui a pour objectif de réintroduire dans le milieu naturel des requins zèbres (Stegostoma tigrinum) issus d’œufs pondus en aquariums mais aussi à travers le transfert du poisson-scie (Pristis pristis) qui intègrera un programme de reproduction à la rentrée.

 

Réintroduction des requins zèbres à partir d’Océanopolis dans la réserve naturelle des Raja Ampat en Indonésie

« Les structures comme Océanopolis peuvent réellement avoir un rôle actif dans la conservation in situ. »Dominique Barthelemy, Conservateur en charge du milieu vivant à Océanopolis.

Le projet StAR – Stegostoma tigrinum Augmentation and Recovery, créé par le collectif international ReShark, vise à réintroduire, dans le milieu naturel, des requins zèbres (Stegostoma tigrinum) reproduits en aquariums.

Requin zèbre à Océanopolis
Requin zèbre à Océanopolis
Oeuf de requin zèbre Œuf de requin zèbre. © T.Joyeux
Oeuf de requin zèbre
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Ces dernières années, les populations de requins zèbres ont dramatiquement décliné en Papouasie occidentale, en raison de menaces telles que la dégradation de leur habitat et la surpêche, notamment pour le commerce de leurs ailerons. Au niveau mondial, le requin zèbre (Stegostoma tigrinum) est classé comme une espèce en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Malgré la création de zones marines protégées et la réglementation de la pêche, le nombre de requins zèbres ne cesse de diminuer, et la sous-population de l’est de l’Indonésie et de l’Océanie est proche de l’extinction.

C’est pourquoi le projet StAR, mené en collaboration avec le gouvernement provincial de Papouasie occidentale et l’Agence indonésienne pour la recherche et l’innovation, mobilise des partenaires internationaux pour garantir la reconstitution et la protection à long terme de cette espèce.

Ce projet s’enracine au cœur d’un vaste réseau de zones marines protégées, l’archipel indonésien des Raja Ampat, situé près de la côte nord-ouest de la Nouvelle-Guinée, dans la province de Papouasie du Sud-Ouest. Océanopolis vient d’obtenir l’agrément en tant que « site de reproduction, » devenant ainsi la 7ème structure, et la seule en France, identifiée par le projet StAR aux côtés de partenaires américains, australiens et espagnols.

« Les individus que nous présentons à Océanopolis sont génétiquement compatibles avec la population sauvage des requins zèbres des Raja Ampat. Dans le contexte de ce programme, nous pouvons désormais envisager d’envoyer des œufs fécondés, pondus à Océanopolis, vers l’Indonésie pour que les juvéniles soient réintroduits dans cette réserve naturelle. » explique Dominique Barthelemy, Conservateur en charge du milieu vivant à Océanopolis

 

Le poisson-scie intègre un nouveau programme de reproduction européen

Connu sous le nom de poisson-scie, ou encore requin-scie pour les novices, cet animal singulier est une espèce incontournable du pavillon tropical d’Océanopolis depuis 2001.

 

poisson scie à Océanopolis Poisson-scie, Pristis pristis. © Simon Cohen

Avec ses 3,10 mètres de longueur et sa morphologie distinctive, cette femelle poisson-scie suscite l’admiration des visiteurs. Malheureusement, dans son habitat naturel, cette espèce est la cible de pêcheurs cherchant à exploiter ses ailerons.

Le poisson-scie (Pristis pristis) est répertoriée comme étant en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et est inscrite à l’annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) depuis 2007.

Grâce à la collaboration entre trois institutions – Océanopolis, Planet Ocean Montpellier et Oceanogràfic Valencia en Espagne – le tout premier programme de reproduction de poissons-scies européens verra le jour d’ici la fin de l’année 2023. L’objectif de cette collaboration est la reproduction de l’espèce par la constitution de deux paires 
mâle-femelle, potentiels futurs couples. 

Dans ce contexte, la femelle actuellement hébergée à Océanopolis sera transférée à Planet Ocean Montpellier pour rejoindre un mâle, tandis qu’un second mâle de Montpellier sera envoyé à Oceanogràfic Valencia, en Espagne, pour rejoindre une femelle. Ces quatre individus représentent la seule population connue de l’espèce Pristis pristis en Europe.

UN VOYAGE SOUS HAUTE SURVEILLANCE, UN DÉPART PRÉPARÉ DEPUIS PLUSIEURS MOIS

Depuis le mois de mai 2023, l’équipe aquariologie d’Océanopolis applique un protocole de désensibilisation à l’animal pour préparer son départ.

« Outre la mise en place d’un programme de désensibilisation de l’animal à la présence proche et répétée des plongeurs, nous avons également déplacé la station de nourrissage du poisson-scie vers une zone de réserve. Attenante au grand aquarium des requins du pavillon tropical, cette zone est accessible en tout temps lorsque la trappe est ouverte. Le conditionnement d’un animal comme le poisson-scie prend du temps et demande de la patience de la part de l’équipe afin de s’assurer que l’animal y aille de son plein gré. L’ensemble de ce protocole a pour objectif de préparer son transfert. Aujourd’hui, cette femelle répond très bien aux deux exercices et se rend avec aisance dans la zone de réserve lors des nourrissages. » détaille Pierre Ternat, Responsable de l’équipe aquariologie à Océanopolis.

La porte sous-marine d’accès à la zone de réserve est désormais ouverte en continu pour que le poisson-scie puisse y accéder à sa guise. Si les visiteurs ne l’aperçoivent pas dans l’aquarium des requins du pavillon tropical, cela signifiera probablement qu’il se trouve dans la zone de réserve.

Le départ de l’animal est prévu pour octobre 2023, et il sera transporté par camion. Le véhicule sera équipé d’un bassin de six mètres de long, pouvant contenir environ 20 000 litres d’eau de mer. Un dispositif similaire a déjà été utilisé avec succès pour le transport d’un poisson-scie depuis Göteborg, en Suède, jusqu’à Valence, en Espagne.

Pour garantir le succès de ce voyage, l’équipe d’Océanopolis s’est rapprochée de vétérinaires expérimentés dans le transfert de poissons pour recueillir leurs précieux témoignages et conseils. Le jour du départ, une douzaine de personnes sera mobilisée en coulisses pour accompagner l’animal de la zone de réserve attenante à l’aquarium des requins du pavillon tropical jusqu’au camion. Cette opération se fera sous la supervision d’un vétérinaire et sera entièrement minutée. Des répétitions sont prévues en amont pour assurer la réussite de cet événement.