La méduse Aurélie

La méduse Aurélie

La méduse Aurelia aurita est une espèce cosmopolite avec une distribution mondiale.

Méduses - Aurelia aurita Méduses - Aurelia aurita - ©Océanopolis
Méduses - Aurelia aurita Méduses - Aurelia aurita - ©Océanopolis
Méduses - Aurelia aurita Méduses - Aurelia aurita - ©Océanopolis
Méduses - Aurelia aurita Méduses - Aurelia aurita - ©Océanopolis
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EMBRANCHEMENT
Cnidaire
TAILLE
De 5 à 40 cm
ALIMENTATION
Zooplancton
PROTECTION
Espèce non listée par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces en danger)

un ballet de pulsations

MODE DE DÉPLACEMENT ET HABITAT

Étudiée depuis plus de 100 ans, la méduse Aurélie (Aurelia aurita) fait partie du macro-plancton (le gros plancton). Elle évolue au gré des courants marins en contractant son ombrelle par des ondulations régulières, comme une pulsation. Aussi appelée méduse-lune, cette espèce translucide, de l’embranchement des Cnidaires, se développe proche de la surface le jour et plus en profondeur la nuit. Près des côtes ou en pleine mer mais toujours à faible profondeur, la méduse Aurélie affectionne des températures comprises entre 6 et 30 degrés.

ALIMENTATION

La méduse Aurélie se nourrit essentiellement de zooplancton. Pour garantir sa croissance et sa reproduction, elle doit en absorber chaque jour, une quantité supérieure à son poids.

des tentacules urticants

La méduse possède des tentacules urticants, mais saviez-vous que cet animal ne possède ni cerveau, ni poumons, ni sang ? Elle est composée à 98 % d’eau et un réseau de cellules nerveuses reliées aux cellules urticantes. Quant à ses piqûres, attention, car même morte, la méduse conserve ses pouvoirs urticants !

La méduse possède également des rhopalies : des organes sensoriels situés autour de son ombrelle, qui concentrent les premières ébauches d’une rétine et d’un cristallin du règne animal.

la Reproduction de la méduse

Les méduses du genre Aurelia font partie des principales espèces responsables des proliférations de méduses (les blooms) dans les eaux côtières. Ces efflorescences sont favorisées par les conditions de vie et les activités humaines. Elles sont aussi dues à la capacité d’adaptation des Aurelia spp. aux changements et à leurs modes variés de reproduction.

Aurelia aurita a un cycle de vie complexe, comprenant une alternance de générations de deux formes différentes (dismorphiques) :

1. La forme polype (ou scyphistome), ressemble à une petite anémone blanche fixée sur le fond (benthique) de quelques millimètres de diamètre. Les polypes ont un grand potentiel d’amplification de la population par de nombreux moyens de reproduction asexuée (métagenèse). Ils sont en effet capables de produire plusieurs formes de vie, selon différents processus :

  • La strobilation au cours de laquelle les polypes se segmentent en strobiles et forment, comme un empilement d’assiettes, des méduses juvéniles (ou éphyrules, éphyres). Chaque polype peut ainsi générer et libérer entre 20 et 30 éphyrules génétiquement identiques (clones). Ces éphyrules se détacheront pour nager librement dans la colonne d’eau et se développer en méduses capables de se reproduire.
  • Le bourgeonnement pour former des polypes clones directement à la base du polype. La strobilation et le bourgeonnement peuvent se produire simultanément chez Aurelia spp.
  • L’incubation de propagules qui se forment dans la cavité gastro-vasculaire du polype. Elles seront libérées dans le milieu marin par l’orifice unique du polype qui sert de bouche et d’anus. Ces larves passent d’abord par un stade libre planctonique avant de se fixer définitivement et de se métamorphoser en polypes.
  • La génération d’autres propagules, qui se développent directement sur la paroi externe du corps des polypes. Ces larves se détachent et entament une vie planctonique de plusieurs semaines. La période de nage libre s’achève par leur fixation définitive sur un support dur puis leur métamorphose en polypes adultes.
Polypes de méduse Aurelia aurita Polypes d'Aurelia aurita © Océanopolis
Strobiles de méduse Aurelia aurita Strobiles d'Aurelia aurita © Océanopolis
Éphyrule de méduse Aurelia aurita Éphyrule d'Aurelia aurita © Océanopolis
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Cycle de développement de la méduse Aurelia aurita

2. La forme méduse, planctonique, c’est-à-dire vivant librement dans la colonne d’eau (pélagique). Les éphyrules libérées par les polypes grandissent et deviennent des méduses de 30 à 40 cm de diamètre, capables de se reproduire. La reproduction sexuée se déroule durant l’été dans le milieu marin. Les sexes sont séparés chez Aurelia aurita (espèce gonochorique).

Les cellules reproductrices mâles ou femelles sont visibles sur les adultes matures. Elles sont concentrées sur le fond des 4 lobes gastriques (estomac), dessinant un trèfle à 4 feuilles dans l’ombrelle transparente de la méduse. Les spermatozoïdes apparaissent en blanc et les ovules en orange.

Le schéma ci-contre présente le développement d’Aurelia aurita. En noir : les principales étapes de développement. En gris : les autres voies possibles de développement.

Source : modifié d’après He et al., 2015.

Au moment de la reproduction, les ovules restent dans le corps de la femelle mais les spermatozoïdes sortent par la bouche des méduses mâles pour se retrouver libérés dans la mer. Les spermatozoïdes pénètrent alors dans la bouche de la femelle et se dirigent vers les ovules à féconder. Après la fécondation, les embryons sortent par la bouche et sont couvés sur les 4 longs tentacules qui bordent la bouche. À la fin de l’été, les femelles peuvent être observées avec des grappes jaunes de larves en développement réparties sur les tentacules buccaux. Chaque femelle peut porter jusqu’à 1 million de larves de 0,1-0,6 mm de long. Les larves planula seront libérées dans l’océan. Elles sont mobiles et intègrent le plancton avant de se fixer sur un substrat pour se métamorphoser en un polype.

Les différentes formes planctoniques produites par Aurelia aurita ont des capacités de dispersion qui s’étendent de quelques jours (planula), à des semaines (propagule, éphyrule), à plusieurs mois ou plus (méduse).

Les polypes et les méduses sont très distincts écologiquement et physiologiquement. Les méduses sont capables de se disperser sur de longues distances contrairement aux polypes fixés au substrat. Cependant, ces derniers ont une longévité plus longue que celle des méduses. De plus, les polypes sont résistants aux conditions défavorables, comme le manque de nourriture ou les situations d’hypoxie (faible concentration en dioxygène). Contrairement aux méduses, les polypes peuvent résister plus de 100 jours sans s’alimenter. Les formes propagules produites par les polypes aident à surmonter les environnements défavorables.

Les polypes sont présents sur les structures artificielles dans le monde entier comme les ports, les parcs éoliens, les plates-formes de forage, les coques de navires, les nombreux déchets dont les débris plastiques, etc. L’augmentation des possibilités de fixation permet aux populations de méduses d’augmenter au fur et à mesure du développement côtier.

Le saviez vous ?

L’équipe Aquariologie d’Océanopolis élève 7 espèces de méduses dont certaines tropicales.

 

Références

He, J., Zheng, L., Zhang, W., & Lin, Y. (2015). Life cycle reversal in Aurelia sp. 1 (Cnidaria, Scyphozoa). PLoS One, 10(12), e0145314.

Lucas, C. H. (2001). Reproduction and life history strategies of the common jellyfish, Aurelia aurita, in relation to its ambient environment. In Jellyfish Blooms: Ecological and Societal Importance: Proceedings of the International Conference on Jellyfish Blooms, held in Gulf Shores, Alabama, 12–14 January 2000 (pp. 229-246). Springer Netherlands.

Matveev, I. V., Adonin, L. S., Shaposhnikova, T. G., & Podgornaya, O. I. (2012). Aurelia aurita –cnidarian with a prominent medusiod stage. Journal of Experimental Zoology Part B: Molecular and Developmental Evolution, 318(1), 1-12.

Purcell, J. E., Bondyale-Juez, D. R., Romero-Kutzner, V., Martínez, I., Caprioli, R., Tames-Espinosa, M., & Gómez, M. (2019). Food supply effects on the asexual reproduction and respiratory metabolism of Aurelia aurita polyps. Hydrobiologia, 846, 135-146.

Vagelli, A. A. (2007). New observations on the asexual reproduction of Aurelia aurita (Cnidaria, Scyphozoa) with comments on its life cycle and adaptive significance. Invertebr Zool, 4(2), 111-27.

Conseils de lecture

Méduses & autres organismes gélatineux. Ulmer. Lisa-Ann Gershwin, L-A. (2017).

Où la trouver
à Océanopolis ?
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— Pavillon Bretagne

Où la trouver
à Océanopolis ?

Dans l’aquarium « Les méduses » du pavillon Bretagne.

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