Des phoques sous haute surveillance

 


Le phoque gris en Bretagne, une population particulière

Alors que l'on compte plus de 150 000 individus de phoques gris en Europe, la population française totalise, à peine, 150 animaux. Cette population est essentiellement présente en Bretagne qui représente la limite sud de l'aire de répartition de l'espèce en Atlantique Nord-Est. L'archipel de Molène en mer d'Iroise héberge la plus importante colonie puisqu'en fonction des saisons, entre 40 et 70 individus peuvent être recensés et qu'une centaine d'individus différents fréquentent le site sur un cycle annuel.
Peu de naissances sont répertoriées en Bretagne or la population croît régulièrement depuis une dizaine d'années. Nombreuses en été, les femelles disparaissent majoritairement au moment de la reproduction, sans doute pour se reproduire ou mettre bas sur d'autres sites !

Une espèce étudiée depuis de nombreuses années en Bretagne

Le phoque gris fait l'objet d'une attention toute particulière car d'une part, l'espèce est protégée en France et est classée en annexe II de la Directive Habitat de l'Europe et d'autre part, l'espace côtier qu'elle fréquente en Iroise a obtenu différents statuts de protection et fait l'objet aujourd'hui d'un projet de Parc National Marin.
Le LEMM (Laboratoire d'Etude des Mammifères Marins) d'Océanopolis-Brest mène dans ce cadre, depuis plusieurs années, des travaux de recherche scientifiques sur la colonie de phoques gris de Bretagne et de l'archipel de Molène en particulier.
cccccCes études visent à connaître :
ccccc- le statut de l'espèce,
ccccc- l'utilisation et la fidélité aux sites,
ccccc- les échanges avec les colonies britanniques,
ccccc- les déplacements et le comportement en mer.

8 phoques équipés de balises

Eté 2002, 8 phoques équipés de balises : la troisième phase d'un suivi initié en 1997 Au cours des 15 premiers jours de juillet 2002, 8 phoques gris (2 femelles et 6 mâles) ont été capturés dans l'archipel de Molène puis équipés de balises " Argos ". Il s'agit du troisième suivi de ce genre réalisé en Bretagne.
En 1997 et 1999, Océanopolis avait ainsi suivi respectivement 4 très jeunes phoques issus du centre de soins puis 6 sub-adultes capturés dans l'archipel de Molène. Pour cette nouvelle opération, Océanopolis et une équipe de l'Université de La Rochelle se sont associés afin de suivre des phoques plus âgés avec comme objectifs :
ccccc- d'acquérir durant plusieurs mois des données sur leurs déplacements,
ccccc- de déterminer leurs lieux de reproduction,
ccccc- de connaître leurs comportements en plongée et appréhender leurs zones de chasse.
De plus, des prélèvements sanguins et de graisse permettront respectivement de savoir si les femelles sont gestantes ou non et d'avoir une idée globale du régime alimentaire en analysant les acides gras.

Les balises utilisées sont celles conçues et fabriquées par le SMRU (Sea Mammal Research Unit) de St Andrews en Ecosse.
Elles sont étanches et résistantes à la pression et sont composées d'un enregistreur de vitesse, de profondeur, d'une batterie et d'un microprocesseur qui stocke les données. Pesant mois de 400g, elles sont collées sur le pelage des phoques au niveau de la nuque.
Au moment de la mue (janvier-mars) les animaux en seront libérés.
Les données de la balise sont émises vers un satellite Argos toutes les 40 secondes lorsque l'animal a la tête hors de l'eau. Ainsi près de 10 positionnements par jour sont possibles avec en plus des paramètres sur les profondeurs des plongées ainsi qu'un certain nombre d'informations sur les budgets d'activité (pourcentage de temps passé à terre dans l'eau ou en plongée). Les signaux sont ensuite relayés du satellite vers une station à terre puis décryptés par CLS/Argos (Toulouse) avant d'être envoyés au SMRU (Ecosse) pour être analysés et transmis sous forme de cartes et de graphiques.
Un partenaire, le SMRU

La capture et la pose de balises sur de gros animaux marins comme les phoques requièrent un savoir-faire incontestable et un équipement adapté et éprouvé. C'est pourquoi, tout comme pour les opérations précédentes, le projet a été bâti avec la participation du SMRU. Cette unité de recherche bénéficie en effet d'une quinzaine d'années d'expérience dans le domaine du pistage des mammifères marins par satellite et totalise quelques centaines de balises posées sur des animaux des deux hémisphères. La technique de capture consiste à placer dans l'eau un filet à maille floues près d'un reposoir à marée basse. Curieux, les phoques se font piéger. Il faut alors très rapidement prendre en charge l'animal capturé sur une embarcation et le conduire à terre. Il est calmé par une anesthésie légère; les poils de la nuque sont alors dégraissés et séchés ce qui permet de coller avec succès la balise. Un prélèvement de sang et une petite biopsie de graisse sont également effectués. Une demi-heure après, l'effet de l'anesthésiant est passé et l'animal retourne tranquillement en mer.

Les autres partenaires

Les partenaires du projet : une synergie de compétences et de moyens

A l'origine du projet :
ccccc- LEMM (Laboratoire d'Etude des Mammifères Marins) Océanopolis / volet conservation
ccccc- LBEM (Laboratoire de Biologie et Environnement Marin) Université de La Rochelle / volet écologie en mer Collaborateur scientifique :
ccccc- SMRU (Sea Mammal Reseach Unit) St Andrews Ecosse

Assistance logistique et technique :
ccccc- ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage)
ccccc- Réserve naturelle de l'Iroise

Transmission et traitement des signaux :
ccccc- IRD (Institut de Recherche et de Développement)
ccccc- CLS Argos

Soutien du projet :
ccccc- Mission Parc Marin d'Iroise

Le soutien financier du projet : un co-financement réussi
ccccc- Union Européenne (FEDER) - DIREN (Direction Régionale de l'Environnement) Bretagne
ccccc- Région Poitou-Charente


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